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Equipe SanteRCom : Santé et Recherche COMmunautaire

Présentation

 

La chaire de professeur junior sur les approches en santé mondiale pour réduire les inégalités sociales et territoriales de santé a été lancée en 2025 par l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), en partenariat avec l’UMR 1252 SESSTIM. Elle vise à développer un programme de recherche portant sur l’amélioration de la compréhension des besoins de santé des populations clés du VIH (ou vivant avec) et des réponses apportées via une approche psychosociale et communautaire de la santé.

 

SantéGaP, santé globale et approche psychosociale et participative, est hébergée au sein de l’équipe SanteRCom du SESSTIM à Marseille.

 

Membres de la Chaire 

Marion Di Ciaccio

Marion Di Ciaccio
Titulaire de la chaire

Marion Mora

Marion Mora
Membre de la chaire

Sarah Roussel
Membre de la chaire

Ana Bocquet

Ana Bocquet
Membre de la chaire

Delphine Rapoud
Coalition PLUS
Membre de la chaire

 

 

Axes de recherche

SantéGaP s’intéresse aux populations clés du VIH (i.e., les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les travailleurs-ses du sexe, les personnes qui consomment des drogues, les personnes trans), ou qui vivent avec, dans les pays des Suds. Ces groupes sociaux se trouvent à l’intersection de multiples vulnérabilités dues à des contextes sociaux, culturels, économiques et politiques défavorables conduisant à leur exclusion des services de santé et de prévention primaire. Dans ce contexte, l’accès à la santé se fait principalement par le biais des services communautaires. Les organisations communautaires jouent ainsi un rôle clé, en servant de pont entre les populations clés et les institutions de santé, qu'elles soient nationales ou internationales afin de répondre à leurs besoins. Du point de vue de la recherche, l’approche communautaire (i.e., la recherche communautaire) est la meilleure façon d’être en lien avec ces populations afin d’identifier leurs besoins et co-construire ensuite des offres de santé adaptées.

L’approche théorique et méthodologique de SantéGaP vise à identifier des stratégies de santé pouvant conduire à un accès équitable et adapté aux besoins de santé des populations clés. Ce programme scientifique vise donc à mobiliser des recherches communautaires et participative avec une approche psychosociale des besoins de santé des personnes clés du VIH afin d’aller vers l’adaptation et l’évaluation d’offres de santé centrées sur leurs besoins. Ce programme se décline en trois axes :

  • Axe 1 : Identifier et comprendre les besoins des populations clés pour construire des offres de santé adaptées → inclure les besoins spécifiques des populations clés dans les stratégies de santé mondiale.
  • Axe 2 : Contribution des pairs éducateurs dans l’accès et le maintien dans des parcours de santé des populations clés → dans des parcours de prévention et de soins VIH mais aussi dans le cadre d’autres pathologies.
  • Axe 3 : Mise en place et évaluation d'offres de santé basées sur les besoins et les préférences des personnes concernées → implémenter et évaluer les stratégies de santé co-construites avec les populations clés du VIH et avec les organisations communautaires afin de mesurer leur impact individuel et collectif sur la réduction des inégalités sociales et territoriales de santé.

 

Hubs de recherche

Via son approche communautaire, cette Chaire s’inscrit dans un des 4 hubs de recherche de Coalition Plus :

La pair-éducation repose sur l’implication et la mobilisation des membres d’un groupe pour opérer des changements au niveau individuel, groupal et/ou sociétal et s’est imposée avec l’épidémie de VIH. La pair-éducation va être largement mobilisée dans le champ de la santé communautaire qui vise le même objectif que la santé publique, à savoir l’amélioration de la santé des populations, mais à travers des processus différents. Si les systèmes de santé reposent généralement sur la santé publique comme processus technocratique, la santé communautaire repose sur un processus participatif. La lutte contre le VIH a été marquée par la reconnaissance de l’expertise des personnes concernées. La transformation sociale a été rendue possible grâce à la mobilisation collective des personnes concernées autours de leurs propres pratiques plus que par la modification de comportements d’individus isolément. Malgré les avancées majeures dans la lutte contre le VIH, des transformations sociales sont toujours nécessaires pour éliminer la transmission du VIH. L’expertise et l’implication des communautés concernées sont donc des éléments cruciaux et complémentaires de l'apport des chercheur·e·s académiques. A travers la pair-éducation et la santé communautaire, c’est l’empowerment des communautés concernées qui est recherché. L‘empowerment peut être défini comme un processus d'action sociale par lequel les individus et les groupes agissent pour acquérir un plus grand contrôle sur leur vie dans un contexte de changement de leur environnement social et politique et se manifeste à différents niveaux : 1) individuel (i.e., capacité d’agir individuelle) ; 2) organisationnel (i.e., processus d’appropriation d’un pouvoir par une organisation et la communauté concernée afin d’agir collectivement) et 3) communautaire (i.e., prise en charge du milieu par et/pour l’ensemble du milieu, dimension politique et sociale de l’empowerment).

 

Bibliographie indicative :

Jodelet D. La Rencontre des Savoirs. Papers on Social Representations. 2013;22:9.1-9.20.

Ridde V. Réduire les inégalités sociales de santé : santé publique, santé communautaire ou promotion de la santé ? Promotion & Education. 2007 Jun;14(2):111–4.

Kippax S. A journey to HIV prevention research: From social psychology to social health via multidisciplinarity. J Health Psychol. 2018 Mar;23(3):442–56.

Wallerstein N, Bernstein E. Introduction to Community Empowerment, Participatory Education, and Health. Health Education Quarterly. 1994 Jun;21(2):141–8.

Zimmerman MA, Rappaport J. Citizen participation, perceived control, and psychological empowerment. American Journal of Community Psychology. 1988 Oct;16(5):725–50.

Prestby JE, Wandersman A, Florin P, Rich R, Chavis D. Benefits, costs, incentive management and participation in voluntary organizations: A means to understanding and promoting empowerment. American Journal of Community Psychology. 1990 Feb;18(1):117–49.

Schulz AJ, Israel BA, Zimmerman MA, Checkoway BN. Empowerment as a multi-level construct: perceived control at the individual, organizational and community levels. Health Educ Res. 1995;10(3):309–27.

La PSS s’inscrit dans le domaine de la psychologie de la santé qui vise à identifier les facteurs psychologiques qui entrent en jeu dans le champ de la santé. C’est un courant de la psychologie de la santé qui conduit à penser en terme de processus de santé à travers une mise en avant de la pluri-méthodologie pour étudier les phénomènes de santé de façon intégrée dans les systèmes sociaux. Elle se veut une approche compréhensive et contextualisée des problèmes de santé avec une prise en compte du social qui ne se réduit pas uniquement à l’étude des déterminants individuels de santé et de maladie, mais qui l’entend comme le système social dans lequel est enraciné un comportement (valeurs, normes, représentations sociales) ainsi que les relations entretenues par les personnes avec autrui. La PSS promeut la conception de nouvelles méthodes de recherche empirique respectant les personnes concernées dans le but de favoriser un changement social, de prendre en compte la complexité des vécus humains et de reconnaître les savoirs expérientiels. La PSS se distingue au sein des sciences humaines et sociales par sa posture au carrefour des différents courants de la psychologie mais aussi d’autres disciplines des SHS. Cette posture favorise le dialogue interdisciplinaire et peut contribuer aux réponses de santé publique.

 

Bibliographie indicative :

Koleck, M., Préau, M., Dany, L., & Faury, S. (2017). Les enjeux de la recherche en psychologie de la santé. Le Journal des psychologues, 351(9), 19. doi.org/10.3917/jdp.351.0019

Morin, M (2002). Naissance et développements de la psychologie de la santé. Sciences sociales et santé, 20(4), 129‑140. doi.org/10.3406/sosan.2002.1571Morin, M, & Apostolidis, T. (2002). Contexte social et santé. In G-N. Fischer (Ed.). Traité de psychologie de la santé. Paris: Dunod.p488

Murray, M., & Poland, B. (2006). Health Psychology and Social Action. Journal of Health Psychology, 11(3), 379‑384. doi:10.1177/1359105306063308

Marks, D. F. (2002). Freedom, Responsibility and Power : Contrasting Approaches to Health Psychology. Journal of Health Psychology, 7(1), 5‑19. doi:10.1177/1359105302007001062

Prilleltensky, I., & Prilleltensky, O. (2003). Towards a Critical Health Psychology Practice. Journal of Health Psychology, 8(2), 197‑210. doi:10.1177/1359105303008002659

Fox, D., Sloan, T., & Austin, S. (2008). Histoire et tendances de la psychologie critique en Amérique du Nord. Psychologie Française, 53(2), 157‑171. doi.org/10.1016/j.psfr.2007.09.002

La recherche communautaire repose sur la collaboration entre chercheur·e·s et acteur·rice·s communautaires dans un partenariat équilibré, chacun·e apportant sa propre expertise. Elle se base sur les besoins des groupes concernés et a pour but de leur apporter une réponse.

La recherche communautaire poursuit un double but, avec d’une part un objectif scientifique de contribution à l’avancée des connaissances, notamment sur les groupes minoritaires, vulnérabilisées ou difficiles à atteindre, et d’autre part, un objectif d’utilité sociale par le renforcement des capacités des communautés impliquées et la transformation des résultats des recherches en actions.

La recherche communautaire repose sur plusieurs principes :

  • Premièrement, elle se fait avec des communautés constituées. C’est à dire que la recherche communautaire utilise et soutient les forces et ressources des communautés.
  • Deuxièmement, la recherche communautaire se fait dans le cadre d’un partenariat équilibré qui encourage le renforcement des capacités entre partenaires.
  • Troisièmement, elle traite de problèmes considérés comme primordiaux par les communautés engagées dans la démarche, selon une approche globale de la santé.
  • Quatrièmement, sa mise en œuvre implique des allers-retours entre partenaires à toutes les étapes du processus et la communication des résultats de la recherche à l’ensemble des partenaires, qui diffusent ensuite eux-mêmes ces résultats à la communauté.

Enfin, la recherche communautaire représente un engagement sur le long terme.

 

Bibliographie indicative :

Demange, E., Henry, E., & Préau, M. (2012). De la recherche en collaboration à la recherche communautaire. Un guide methodologiquees. Anrs.

Israel, B. A. (Éd.). (2005). Methods in community-based participatory research for health (1st ed). Jossey-Bass.

Animation scientifique

  • Des ateliers de réflexions et d’échanges autour de la psychologie sociale de la santé et de l’interdisciplinarité dans le champ de la santé mondiale sont organisés chaque mois au SESSTIM
  • Journée de formation « Santé globale et VIH : comment répondre aux besoins des populations clés ? » dans le cadre de la 12ᵉ édition du Congrès International Francophone d’Épidémiologie et de Santé Publique Adelf-Epiter.

Projets de recherche

SAMAR
Adaptation et amélioration d’une offre de santé anale communautaire, en incluant le dépistage de l’HPV, pour les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et les travailleuses du sexe au Maroc
Ce projet de recherche communautaire est construit autour d’une offre de santé anale en cours de développement au sein des 8 cliniques de santé sexuelle communautaire (CSS) de l’ALCS (association de lutte contre le Sida) au Maroc. Il a pour but de contribuer à l’amélioration de l’offre de santé anale communautaire en évaluant son acceptabilité et en l’adaptant aux besoins des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) et des travailleuses du sexe (TS) séropositi·ives·s au VIH. Ce projet a également pour but d’inclure le dépistage HPV dans l’offre en cours de déploiement.
REPAIR
Reconnaissance des Pair éducateurs-rices
L’objectif général du volet recherche du projet REPAIR est de caractériser de façon compréhensive et holistique la pair éducation et son apport dans les stratégies de prévention et de prise en charge du VIH, dans une perspective psychosociale. Il est question de :

(1) explorer les pratiques sociales/professionnelles des Pair-es Educateur-rices (PE), ainsi que leurs interactions de façon située et contextualisée ;

(2) évaluer la qualité de vie et le bien-être au travail des PE, et leurs dimensions psychosociales ;

(3) analyser les expériences vécues de la pair éducation, les pratiques associées et leurs mises en sens.
Yebala Mpox
Approche compréhensive des enjeux de prévention et d’accès aux soins du Mpox, en République Démocratique du Congo, au Cameroun et au Burundi, auprès des populations clés du VIH et de toutes les parties prenantes
Depuis le rebond épidémique du Mpox dans les 6 régions de l’OMS en 2022, la dynamique du virus semble évoluer avec une transmission sexuelle de l’infection, y compris en Afrique Centrale, en plus des mécanismes déjà connus de transmission. Cela pose de nouveaux enjeux de prévention et de santé publique qui doivent intégrer à la fois les enjeux et besoins des professionnels de santé, de la population générale mais aussi des populations clés du VIH. En effet, en 2022, une concentration importante des cas de Mpox concernaient les Hommes ayant des rapports Sexuels avec des Hommes (HSH), qui pouvaient également présenter des co-infection par d'autres infections sexuellement transmissibles (y compris le VIH). L’Africa CDC a également identifié que les travailleurs-ses du sexe (TS) sont particulièrement exposé-e-s au Mpox et peuvent être vecteur de transmission via leurs client-e-s. Il existe peu de données sur le vécu, les connaissances et les représentations du Mpox en Afrique Centrale, notamment concernant le clade 1b et sa transmission inter-humaine/sexuelle. Les travaux issus des sciences sociales relatifs au Mpox ont été très majoritairement conduits dans des contextes occidentaux lors de l’épidémie de 2022. Il existe de très rares données concernant uniquement la population générale et les professionnels de santé dans les pays concernés par cette étude.
Ce projet vise à étudier les conditions de mise en œuvre d’une stratégie de réponse au Mpox qui tienne compte des facteurs structurels et individuels (y compris la disponibilité et acceptabilité de la vaccination) auprès des populations clés et vivant avec le VIH et des personnes concernées, en Afrique Centrale (République Démocratique du Congo, Cameroun, Burundi).

SCAR
Analyse psychosociale et multi-niveaux des inégalités sociales de santé en lien avec le VIH dans le cadre de la reconfiguration de l'architecture en santé mondiale (SCAR – phase 1)
L’objectif général du projet SCAR est d’analyser comment le retrait de l’aide internationale reconfigure l’accès à la prévention et aux soins dans la lutte contre le VIH, les trajectoires des populations vulnérabilisées et les dynamiques communautaires, en mobilisant les apports de la psychologie sociale.

Articles publiés dans des revues ACL

  • Boutet, C., Di Ciaccio, M., Spire, B., Velter, A., & Sagaon-Teyssier, L. (2025). A Competing Risks Duration Model to Study PrEP Discontinuation Among MSM in France : The ERAS 2023 Study. AIDS and Behavior. https://doi.org/10.1007/s10461-025-04729-4
  • Di Ciaccio, M. D., Yebedie, M., Coulibaly, K., Dondbzanga, D., Traoré, D., Cissé, M., Dembélé, B., Rouane, L., Delabre, R. M., Simões, D., Castro, D. R., & Sagaon-Teyssier, L. (2025). The added value of community-based organisations in retaining people living with HIV (PLHIV) in the continuum of care in Mali. African Journal of AIDS Research, 24(1‑2), 19‑29. https://doi.org/10.2989/16085906.2024.2434023
  • Di Ciaccio, M., Adami, E., Boulahdour, N., Bourhaba, O., Castro Avila, J., Lorente, N., Beldi Chouikha, K., Nabli, M., Torkhani, S., Karkouri, M., & Rojas Castro, D. (2025). An intersectional analysis of social constraints and agency among sex workers in Tunisia during the COVID-19 pandemic; the community-based qualitative study EPIC-MENA. Global Public Health, 20(1). https://doi.org/10.1080/17441692.2025.2486436
  • Di Ciaccio, M., Bourhaba, O., Adami, E., Boulahdour, N., Ben Moussa, A., Sodqi, M., Bensaid, S., Riegel, L., Rojas Castro, D., Karkouri, M., & Lorente, N. (2025). Syndemic perspective of how people living with HIV faced the COVID-19 crisis in North Africa. Scientific Reports. https://doi.org/10.1038/s41598-025-29487-0
  • Spire, B., & Di Ciaccio, M. (2025). Community Aspects of HIV Biomedical Prevention. Annual Review of Pharmacology and Toxicology. https://doi.org/10.1146/annurev-pharmtox-062124 044855

 

Autres publications

 

Communications

  • Di Ciaccio M. (2025 May). Social taboos and challenges in prevention - Why anal health is overlooked: Presented at the 16th AIDSImpact Conference, Casablanca, Morocco.
  • Boutet, C., Hoyer, M., Sow, A., Mora, M., Beniguel, L.,Ghosn, J., Assoumou, L., Michels, D., Costagliola, D., Di Ciaccio, M., Spire, B., Molina, J-M., & Sagaon Teyssier, L. (2025, May). A Markov transition analysis to study changes in HIV prevention strategies among men having sex with men in the French ANRS-PREVENIR cohort. Presented at the 16th AIDSImpact Conference, Casablanca, Morocco.