YEBELA Mpox
Approche compréhensive des enjeux de prévention et d’accès aux soins du Mpox, en République Démocratique du Congo, au Cameroun et au Burundi, auprès des populations clés du VIH et de toutes les parties prenantes
Ce projet vise à étudier les conditions de mise en œuvre d’une stratégie de réponse au Mpox qui tienne compte des facteurs structurels et individuels (y compris la disponibilité et acceptabilité de la vaccination) auprès des populations clés et vivant avec le VIH et des personnes concernées, en Afrique Centrale (République Démocratique du Congo, Cameroun, Burundi).
Marion DI CIACCIO
ANRS-MIE
ANSS-Santé PLUS (Burundi), Positive Generation (Cameroun), Ucop + (RDC), Coalition Plus (France)
Depuis le rebond épidémique du Mpox dans les 6 régions de l’OMS en 2022, la dynamique du virus semble évoluer avec une transmission sexuelle de l’infection, y compris en Afrique Centrale, en plus des mécanismes déjà connus de transmission. Cela pose de nouveaux enjeux de prévention et de santé publique qui doivent intégrer à la fois les enjeux et besoins des professionnels de santé, de la population générale mais aussi des populations clés du VIH. En effet, en 2022, une concentration importante des cas de Mpox concernaient les Hommes ayant des rapports Sexuels avec des Hommes (HSH), qui pouvaient également présenter des co-infection par d'autres infections sexuellement transmissibles (y compris le VIH). L’Africa CDC a également identifié que les travailleurs-ses du sexe (TS) sont particulièrement exposé-e-s au Mpox et peuvent être vecteur de transmission via leurs client-e-s. Il existe peu de données sur le vécu, les connaissances et les représentations du Mpox en Afrique Centrale, notamment concernant le clade 1b et sa transmission inter-humaine/sexuelle. Les travaux issus des sciences sociales relatifs au Mpox ont été très majoritairement conduits dans des contextes occidentaux lors de l’épidémie de 2022. Il existe de très rares données concernant uniquement la population générale et les professionnels de santé dans les pays concernés par cette étude.
Ce projet s’ancre dans la théorie des représentations sociales (RS) « formes de connaissances socialement élaborées et partagées ayant une visée pratique et concourant à la construction d'une réalité commune à un ensemble social ». L’étude des RS nous permettra ainsi d’identifier comment le Mpox et notamment son évolution de zoonose à une infection sexuellement transmissible est perçue et intégrée par les différentes populations concernées dans ce projet, comment l’information et le traitement de l’information sur le Mpox circulent dans ces groupes et enfin comment le recours aux soins s'organise. Pour cela le projet mobilisera des méthodes qualitatives (focus-groups (n=36) ; entretiens individuels (n=45)) auprès des populations clés du VIH (HSH et TS) ou vivant avec, des soignants et des agents de santé communautaire impliqués dans la réponse au Mpox et enfin auprès de la population « générale » vivant dans les quartiers fortement exposés au Mpox. Des fiches structures de santé (n= 40) concernant toutes les structures qui proposent des services Mpox dans les zones de l’étude seront également documentées. La collecte des données se fera au sein de deux zones dans chaque pays de l’étude, basé sur des critères épidémiologiques et stratégiques vis-à-vis de l’épidémie de Mpox. Elles ont été définies par les acteurs locaux impliqués sur ce projet et en accord avec la situation actuelle de chaque pays.
Ce projet permettra une meilleure connaissance des spécificités de la gestion de l’épidémie de Mpox sous l’angle de la transmission sexuelle du virus au sein de populations encore peu/pas étudiées en Afrique Centrale, les populations clés vivant avec le VIH en tenant compte du contexte social et structurel dans lesquels ils-elles vivent. L’ensemble de ces données permettront d’adapter la stratégie de prévention et de prise en charge du Mpox de ces populations dans la région d’Afrique Centrale en tenant compte du rôle que la mobilisation communautaire peut avoir dans cette réponse. Par ailleurs, l’ANSS coordonne la Plateforme Coalition PLUS en Afrique Centrale. Ce réseau constitue un espace de mutualisation Sud-Sud entre acteur-rice-s communautaires de la lutte contre le sida qui partagent des enjeux épidémiologiques et des leviers et contraintes socio-culturelles similaires. Les résultats de ce projet pourront donc être disséminés envers ses partenaires sous-régionaux qui ne participent pas au projet (Tchad, République du Congo, République Centrafricaine, Rwanda) mais qui peuvent également être confrontés au Mpox. Enfin, ce projet mobilisant plusieurs méthodes qualitatives, auprès de toutes les parties prenantes, permettra de construire une phase 2 quantitative solide du projet. Ce projet permettra d’identifier les éléments clés à approfondir/analyser à plus grande échelle via un recueil quantitatif adapté.